Le postulat comique du premier film réalisé par Mouloud Achour et Dominique Baumard était intéressant, proposer une satire acerbe de la propagation d’informations pour le buzz, quitte à laisser passer les personnages comme les ennemis publics… encore faudrait-il doser les références et sketches en tous genres. L’histoire est assez simple, Sébastien vole une console de jeux vidéo à des migrants puis essaye de la revendre à Patrick.

Parallèlement, une présentatrice télé jettera son dévolu sur eux, en plus d’être poursuivis par des trafiquants, et les deux délinquants deviennent les plus grands Méchants de France pour l’opinion publique… Le problème majeur des Méchants, c’est bien l’absence de clarté sur ce qu’il souhaite dire sur la société actuelle, on tape sur tout le monde ici, littéralement dans tous les sens possibles, jusqu’à la surdose. Les références culturelles sont plutôt sympathiques et les blagues font mouche par moments, mais le message du film reste ainsi très superficiel. Parce que s’il est bien de dénoncer le système médiatique, autant bien le faire, être plus juste et nuancé comme le dernier de film de Bruno Dumont, France

Ici, à trop vouloir attaquer tout et n’importe quoi, le film en devient assez ridicule, surtout qu’il n’existe en partie que pour ses invités et références… dénoncer le monde médiatique, en invitant tous les bons potes dans son film, c’est quand même la bonne blague, si seulement le film ne jouait que de son humour. Mais ici il n’y a pas une seule blague sans fond critique, le même pas toujours très clair.  C’est pour ainsi dire très lassant, d’autant plus que le long-métrage n’est pas très intéressant en matière de cinéma, qu’il s’agisse des choix de mise en scène ou du montage, c’est correct certes mais cela donne quand même l’impression de regarder un film M6 du samedi soir plus qu’autre chose. Attention, il ne s’agit pas de dire que le film est dangereux et qu’il renvoie un fond critique impertinent, mais plutôt qu’il joue dans la facilité constante. Puisque pour être ne serait-ce que captivante, la satire se doit d’être nuancée, ce qui n’est absolument pas le cas ici, des vannes et encore des vannes pour nous rappeler au combien la société est pourrie. Alors, oui c’est pas mal pendant vingt minutes, mais sur plus d’une heure, sans qu’il y ait autre chose à cerner, c’est ronflant. C’est bien la différence entre la télé et le cinéma, développer une intrigue/série de sketches différents mais dans une même continuité, ou la répéter sur un seul sketch répété pendant plus d’une heure, ce piège dans lequel tombe ce film malheureusement.

Tout n’est pas à jeter, et il semble que les acteurs se soient bien amusés, leurs performances sont sympathiques, mais à trop recycler les mêmes idées sans donner de l’ampleur à leurs personnages, les deux réalisateurs ne proposent rien d’autre qu’une comédie vu et revue -à rappeler les mauvais souvenirs des nanards dans lesquels Kassovitz s’est déjà embarqué. Parfois drôle mais souvent irritant, un film à sketches (s’il y en a des différents) qu’on oubliera très rapidement…

Note : 2 sur 5.

Les Méchants au cinéma le 8 septembre 2021.

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Rédigé par

William Carlier

Mélomane intéressé par le cinéma américain, italien et muet. Mais curieux de découvrir le reste aussi.. !