[CRITIQUE] Dexter : New Blood – S1E07, E08 & E09 – Au nom du père

On commençait la saison de Dexter : New Blood en se demandant franchement où tout cela allait mener, était-ce nécessaire, utile et allait-ce pouvoir rattraper les maladresses d’écriture de la huitième saison de la série originale ? Il faut le dire, ces trois épisodes témoignent d’une grande qualité d’écriture, aux cliffhangers tous éblouissants, entre tension et retrouvailles paternelles entre Harrison et Dexter. Quand le personnage apprend par lettre que Kurt Caldwell connait son identité, tout cela ne mène qu’à une seule obsession : le tuer pour s’en débarrasser, et protéger son fils.

Du jeu machiavélique mené par Kurt, c’est la performance de Clancy Brown qui frappe encore davantage, menant la danse devant Dexter, s’attaquant psychologiquement au fils et physiquement au père. La confusion paternelle ira jusqu’au personnage même de Kurt, portant la responsabilité sur un père qu’il voyait enlever filles et abattre. Pour l’ensemble des personnages, y compris celle d’Angela et sa fille, les instincts deviennent similaires, doutant sur le monde qui les entoure. Entre la traque d’Angela sur ce qu’elle pense avoir comme piste le Bay Harbour Butcher au regard des traces de piqûre laissées sur les cadavres sous l’océan et la lutte pour la survie contre Kurt, Harrison et Dexter deviennent partenaires de crime. Dexter choisit de révéler à son fils la nature de ses pulsions violentes, après l’avoir sauvé de la mort. L’enchainement des péripéties appelle à toujours plus de suspense et tension, ce que l’on pourrait reprocher en précipitations, Dexter : New Blood gagne pourtant le dessus sur le rapport filial. Il semble définitivement clair que la thématique de la saison est bien celle de la confrontation d’un passé familial, que l’on ne peut pas oublier, où l’on doit apprendre à vivre avec. Il n’a jamais été aussi touchant de confronter le regard du passé de Dexter à celui – tout en apprentissage – d’Harrison, vivant comme Dexter, un enfer intérieur dont il est le prisonnier. Le Code d’Harry refait surface, et Dexter comprend enfin ce que son fils ressentait comme besoin, la présence d’une écoute d’un père qui puisse être présent pour lui.

Le père et le fils inchangés, se soutenant mutuellement.

La réalisation des épisodes est impressionnante, très bien exécutée et ne laissant aucun temps de répit dans le montage, accompagnée par une direction artistique soignée. C’est une belle idée d’axer davantage le récit autour de Dexter et Harrison, véritables centres de l’intrigue depuis le premier épisode. Progressivement, alors même que les deux personnages cherchaient à cacher leur véritable identité, le père et le fils se rapprocheront, traumatisés d’un passé violent. La famille qui manquait à Dexter pourrait être devant lui, s’il n’y avait pas encore une autre menace, celle encore du passé, le liant au Bay Harbour Butcher. La résolution de l’intrigue concernant Kurt Caldwell n’a alors d’importance que de souligner les troubles du fils, comprenant la motivation de son père, né également dans le sang. Comme une initiation à la survie intérieure, le rituel de Dexter est compris comme une justice à l’occasion d’un flashback d’une justesse assez folle, qui ne pourrait jamais être faite, pour sauver ses proches et se sauver.

Le souvenir d’une époque, où les monstres rodaient autant qu’au présent

La réminiscence de la musique originale comme le sang sur les lettres du générique introductif est particulièrement émouvante, le passé rejoint enfin le présent, comme une libération et une menace totale pour les personnages, tel que l’on pouvait déjà envisager dans la série originale. L’ensemble du casting est encore une fois à saluer, qu’il s’agisse des interprètes originaux y compris Jennifer Carpenter, comme les nouveaux Julia Jones ou Jack Alcott, très investis dans leurs rôles respectifs. Le rituel de Dexter éclate au jour dans le neuvième épisode, c’est également toute une conscience qui s’éveille de nouveau sur le monde entourant les personnages, horriblement moderne et violent.

On ne pourra qu’être satisfait de cette ascension pour les personnages, logique et émouvante pour qui aura suivi les aventures de Dexter depuis le tout début. L’ancrage du passé dans le présent est à la fois terrifiant et pertinent, on ne change pas les vieilles habitudes comme le lien de sang. Alors que le final du neuvième épisode est des plus inquiétants pour le personnage, une question reste à résoudre. Clyde Phillips conclura-t-il le sans-faute ? Cela est désormais plus qu’attendu.

Dexter : New Blood, disponible sur MyCanal à partir de décembre 2021.

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