[CRITIQUE] Day Shift – Caninefornication

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De temps en temps, il arrive qu’un film soit si fou, si absurde qu’il est impossible de ne pas sourire en le regardant, et pour l’instant, Day Shift est ce film. Il n’y a absolument rien dans ce film qui puisse être retenu par le spectateur dans une semaine, mais il n’y a pas non plus grand-chose à redire lorsque l’on regarde le chasseur de vampires Bud Jablonski (Jamie Foxx) découper les morts-vivants à la nuit tombée. Le ton est donné dès la première scène, avec une séquence de combat sanglante entre Jablonski et sa nouvelle victime. À partir de ce moment, toutes les attentes d’un film concret et réaliste sont jetées par la fenêtre et le public est plongé dans le monde mortel de la chasse aux vampires.

Le principe de Day Shift est très simple : Jablonski doit collecter 10 000 dollars la semaine prochaine, sinon sa femme et sa fille seront obligées de déménager en Floride, le laissant derrière lui avec son style de vie peu conventionnel. Naturellement, Jablonski se tourne vers le syndicat des chasseurs de vampires pour trouver ses fonds (qui ne le ferait pas ?), mais ses précédentes infractions au code du syndicat signifient qu’il va devoir emmener un superviseur avec lui dans son voyage : faites entrer Seth (Dave Franco), un employé de bureau qui obéit aux règles et qui a une expérience limitée dans le domaine. À partir de là, malgré leurs conflits, le duo se met en route pour tuer des vampires et vendre leurs dents pour en tirer fortune.

Comme vous l’aurez compris, Day Shift ne cherche absolument pas à se faire passer pour ce qu’il n’est pas, mais plutôt à se délecter de sa propre absurdité et à offrir aux spectateurs une violence exagérée et un humour décalé à chaque instant. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’enjeux émotionnels (la relation compliquée de Jablonski avec sa femme et sa fille constitue une pause bien nécessaire dans les massacres), mais ce n’est presque jamais la priorité du film. La majeure partie du temps est consacrée à Jablonski et à ses associés, dont Seth, son escorte syndicale, et son collègue de longue date, Big John (Snoop Dogg), qui constituent des ajouts précieux au casting et contribuent largement à l’humour du film. Ils sont utilisés de manière assez efficace, à chaque fois que l’histoire commence à ralentir un peu, l’un des nombreux personnages secondaires du film vient apporter quelques rires ou accélérer un peu le rythme.

Le seul endroit où Day Shift tombe vraiment dans les limites de l’agréable est dans son dernier acte, lorsque l’histoire devient beaucoup trop complexe et artificielle par rapport au reste du film. Pour une raison inexpliquée, le film décide de troquer l’action légère contre une histoire sombre et alambiquée de vengeance et de famille, ce qui ne correspond pas vraiment au ton déjà établi. Ce n’est pas nécessairement mauvais, mais si c’est ce vers quoi le film tendait, il aurait fallu plus de préparation pour que cela semble moins inattendu, car le final est complètement forcé et décevant. La méchante principale, Audrey (Karla Souza), ne reçoit pas assez de temps pour être développée tout au long du film, si bien qu’elle ne semble pas vraiment menaçante ou importante au moment où elle tient les protagonistes en joue à la fin du film. C’est presque comme s’il y avait deux histoires dans Day Shift : le film d’action sans queue ni tête qu’il s’apprête à être, et le drame familial plus mature qu’il choisit à la fin. Les deux sont bien, mais ils ne peuvent pas exister efficacement dans le même film.

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Day Shift s’adresse à un public très particulier, et si vous n’en faites pas partie, vous ne tirerez probablement pas grand-chose de ce bain de sang de vampires couvert de néons. Mais si vous êtes du genre à vouloir vous perdre dans une aventure sans queue ni tête à travers la Californie, alors Day Shift a tout ce que vous pouvez espérer. Sa plus grande force est sans aucun doute ses séquences d’action, qui font preuve d’un niveau de créativité et d’excentricité qui surprendra même les spectateurs les plus assidus du genre. Ainsi, malgré un dernier acte décevant et déroutant, Day Shift tient toutes ses promesses, avec une dose supplémentaire de style et de personnalité pour couronner le tout.

Note : 3 sur 5.

Day Shift sur Netflix le 12 août 2022.

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