[CRITIQUE] Critical Thinking – Biopic jouissif pour le public

Il fut un temps où les histoires vraies inspirantes avaient fait fureur. Elles ont été jouées mille fois. Le genre est édulcoré au point que la plupart sont mal exécutées. Le problème est que vous avez besoin d’un angle d’intérêt humain frais et intéressant. Je ne suis pas sûr de la précision ou de la quantité d’enrobage de sucre impliquée dans Critical Thinking de John Leguizamo, mais environ 15 minutes après vous serez suffisamment sobre pour comprendre les difficultés de ces enfants. Avec une performance principale très charismatique du réalisateur, le film de Leguizamo parvient à dépasser les attentes d’un genre fatigué.

Leguizamo joue Mario Martinez, un éducateur cubano-américain dévoué qui enseigne des cours d’échecs au Miami Jackson Senior High School. Sa classe est principalement remplie d’adolescents Latins et Afro-Américains qu’il inspire à former leur propre équipe. “Mister T”, comme ses étudiants l’appellent affectueusement, finance même les voyages de l’équipe parce que le principe bureaucratique de Jackson High ne prendra pas position pour approuver les fonds. Avec ses étudiants d’échecs sélectionnés à la main, Sedrik (Corwin C. Tuggles, une vraie trouvaille ici), Gil (Will Hochman), Ito (Jorge Lendeborg Jr.) et Rodelay (Angel Bismark Curiel), ils réussissent jusqu’au championnat national d’échecs de 1998.

Le long-métrage est basé sur l’histoire vraie d’un groupe composé essentiellement de personnes de couleur ou d’étudiants issus de minorités qui défient les chances de devenir des champions d’échecs. C’était l’un des multiples films ayant manqué divers festivals internationaux à cause de la pandémie (toujours en cours) de Covid-19 mais qu’on a eu la chance de découvrir cette année en France au festival de Deauville. C’est le deuxième long métrage de Leguizamo derrière la caméra et c’est un bon film. Son premier remonte à 17 ans avec Undefeated en 2003. Ici, il met le doigt sur un thème intemporel avec une force moderne que tout le monde peut comprendre. Il est convenablement pertinent, opportun et engageant pour que le public se soucie non seulement du résultat de l’équipe, mais également des individus.

Critical Thinking aura toujours les tropes classiques habituels. Il manque aussi un budget pour une partition musicale vraiment émouvante. Il est néanmoins saupoudré d’une aspiration naturelle pour retenir l’attention du spectateur. Il y a suffisamment de manœuvres ici, comme la chimie entre les membres de sa jeune distribution et une prouesse charismatique de Leguizamo, qui formulent une stratégie de narration gagnante. Feel-good movie classique mais terriblement efficace dans ce qu’il veut transmettre, le long-métrage ne loupe pas le coche pour nous investir dans une histoire sur la tolérance. Le style “American Dream” exploité sur fond de compétition d’échecs, paraît même, après réflexion, parfaitement ironique dans un monde qui semble complètement balancé aujourd’hui.

Si vous avez aimé Jeu de Dames, la nouvelle série populaire Netflix, Critical Thinking réussira parfaitement à vous sustenter.      

Critical Thinking n’a pas encore de date de sortie en France, on ne sait pas s’il va en avoir une, mais il est disponible si vous cherchez bien.

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