Auteur : Pierre Laudat

FESTIVAL DE CANNES (2023)

[CRITIQUE] Man in black – Filmer, c’est filmer des corps

Alors que Jeunesse, le printemps est toujours en salle, Arte sort gratuitement sur sa plateforme le dernier film de Wang Bing, Man in black. Une double actualité comme l’était également celle de la présentation de ces films au dernier festival de Cannes. Pourtant, au-delà d’une sortie concomitante, difficile de discerner les similitudes entre les films. Jeunesse, première partie d’un documentaire fleuve d’une dizaine d’heures, prise de vue directe de bruyants ateliers textiles, s’inscrit, en cela, dans la filmographie du réalisateur

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AUJOURD'HUI, LE CINÉMA

[CRITIQUE] Menus plaisirs – Les Troisgros – “La cuisine c’est pas du cinéma”

Classiquement, Wiseman cherche à documenter les Etats-Unis et les rapports conflictuels  que l’État entretient avec sa société civile. Généralement, il investit donc un hôpital, une bibliothèque ou un bureau d’aide sociale. Sur la quarantaine de films qu’il a réalisé, seuls ceux tournés en France échappent à cette description. Dans notre pays, Wiseman filme des institutions culturelles, qu’elles soient publiques (La Comédie Française ou l’Opéra Garnier) ou privées (le Crazy Horse). Comme si Wiseman, en traversant l’Atlantique, perdait son acidité politique

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AUJOURD'HUI, LE CINÉMA

[CRITIQUE] Les filles vont bien – Chatouilles cinématographiques

Les amateurs du cinéma de Jonás Trueba la connaissent déjà. Itsaso Arana apparaissait en effet dans la Reconquista, dans le chef d’oeuvre Eva en août ainsi que dans son dernier film, sorti en début d’année, Venez voir. Son jeu solaire, espiègle, tout en délicatesse, la rendait immédiatement touchante. Actrice reconnue, elle décide pour la première fois de passer à la réalisation (sans délaisser l’acting) dans un film étonnamment dense, intelligent, reposant et s’inscrivant dans la continuité de l’œuvre de Trueba. 

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C'ÉTAIT QUOI LE CINÉMA ? [RETOUR SUR..]

[RETOUR SUR..] Beau travail – Puissions-nous danser jusqu’à nous effondrer (Festival Lumière 2023)

Dans Stars At Noon, Claire Denis s’appliquait à filmer la moiteur du Nicaragua. Une moiteur suffocante à l’image des conspirations politiques que déployait le scénario. Surtout, une moiteur qui enduisait d’un voile humide les corps collants, luisants et fangeux du couple Qualley/Alwyn. Cette proposition réjouissante s’inscrivait pleinement au coeur de ce qui constitue le noyau dur du matériel de Denis : le corps. À ce titre, son film le plus représentatif de cette obsession reste Beau Travail. Sorti en 2000,

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AUJOURD'HUI, LE CINÉMA

[CRITIQUE] L’été dernier – Aimer c’est aimer mourir

L’été dernier est le dernier film de Catherine Breillat, présenté en sélection officielle au dernier festival de Cannes. Son titre résonne au passé, comme une séquence définitivement fermée que l’on aurait rouverte. Il est aussi emprunt d’une certaine évanescence poétique qui rendrait compte d’un souvenir ; d’une réminiscence aux contours flous et insaisissables. D’ailleurs, si le film est solaire, sa photographie dépose un voile blanchâtre sur l’image qui contribue à la fois à donner un aspect laiteux, opaque, mais aussi

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CINEPHILIVRE

[CRITIQUE] Jean Eustache : Un amour si grand – Itinéraire d’une étoile filante

Un spectre hante le cinéma : le spectre de Jean Eustache. Édité chez Capricci, voilà ce qui pourrait être l’amorce du livre de Philippe Azoury qu’il consacre au cinéma d’Eustache : Jean Eustache : Un amour si grand. Celui-ci aura réalisé 12 films entre 1964 et 1981. Des films iconoclastes, qui ne ressemblent à aucun autres. Des films démesurés, désaxés et en marge des conventions stylistiques et économiques d’une industrie niveleuse. Des films d’une durée monstrueuse : pour la plupart

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AUJOURD'HUI, LE CINÉMA

[CRITIQUE] Paradis – En attendant la pluie

Le début de Paradis s’ouvre en hiver. Nous y voyons un vieil homme près d’un feu de camp. Les flammes sont encore circonscrites. Surtout, cet homme se réjouit du silence apaisant qui règne dans la forêt. Cette tranquillité disparaîtra bientôt. S’ensuit un plan en hélicoptère qui nous montre le petit village de Shologon sous la neige. Quelques centaines d’âmes doivent vivre ici, enclavées dans la forêt, perdues au milieu de l’immensité sibérienne. C’est le récit de cette communauté isolée qu’Abaturov

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C'ÉTAIT QUOI LE CINÉMA ? [RETOUR SUR..]

[RETOUR SUR..] Welfare – Recentrer les marginaux

A l’initiative du prolifique réalisateur Frederick Wiseman, et dans le cadre d’une prochaine rétrospective en son honneur au Centre Pompidou (fin 2024 nous dit-on), a lieu en ce moment la restauration de l’ensemble de son œuvre. C’est-à-dire environ cinquante films documentaires qui sondent les institutions américaines et le lien plus ou moins distendu qu’elles entretiennent avec sa société civile. Pêle-mêle, Wiseman s’est immiscé dans un hôpital pour aliénés criminel (Titicut Follies, 1967), au sein d’un commissariat de police (Law and

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