Auteur : Louan Nivesse

AUJOURD'HUI, LE CINÉMA

[CRITIQUE] Sans jamais nous connaître – Savoir où on est

L’univers spatio-temporel dans Sans jamais nous connaître d’Andrew Haigh se caractérise par une délibérée instabilité. L’œuvre prend racine au sein d’une nouvelle tour résidentielle, presque déserte, située au cœur de Londres. En ce lieu, Adam (interprété par Andrew Scott), un scénariste d’âge mûr, semble mener une existence en apparence solitaire. Cependant, le second lieu crucial de l’intrigue est la maison de son enfance, située dans le sud de Londres, qu’il visite périodiquement en train au cours du récit. Au premier

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C'ÉTAIT QUOI LE CINÉMA ? [RETOUR SUR..]

[RETOUR SUR..] Brazil – Lutter contre le système

Brazil de Terry Gilliam s’inscrit parmi ces œuvres dont la réputation pérenne repose en partie sur les tumultes qui ont entouré son périple mouvementé en matière de distribution. En prenant une perspective plus profonde, il se révèle être une satire mordante et strangelovienne du pouvoir exorbitant de la bureaucratie dans un paysage orwellien. L’essence de cette vision émane indubitablement de l’âme créatrice de Gilliam, teintée de sa préférence pour des images saisissantes et de la comédie noire, tout en faisant

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[CRITIQUE] They Shot the Piano Player – Tirer sur la pertinence

L’héritage d’un musicien vénéré s’épanouit dans la profusion de récits que déploie They Shot the Piano Player. Les compagnons et proches de Francisco Tenório Júnior dévoilent des souvenirs intimes d’une figure éminente, presque effacée de la scène de la Bossa Nova, dont l’ascension fulgurante fut tragiquement interrompue par son départ en 1976. Toutefois, l’histoire tragique de Tenório est avilie par l’utilisation du jeu d’animation, une technique efficace dans de nombreux docudrames contemporains tels que ceux réalisés par Ari Folman (Valse

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[CRITIQUE] Green Border – Filmer le pire ne le rend pas meilleur

Il est indéniablement ironique de conter une narration dépourvue de toute subtilité morale, dressée en une dichotomie manichéenne. En simplifiant à l’excès une problématique politique et humanitaire complexe, le drame d’Agnieszka Holland, Green Border, manifeste indubitablement des intentions nobles, toutefois, il s’appuie excessivement sur la culpabilisation des individus Blancs, au détriment de sa valeur artistique. Ce long-métrage, prolixe et péremptoire, initialement conçu pour susciter l’attention envers une authentique crise humanitaire aux confins de l’Europe, s’apparente davantage à un marteau massif

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FILMS

[CRITIQUE] Daaaaaali! – Salvador Dupieux

Qualifier Daaaaaalí ! de biographie constitue une injustice envers tant le film que son sujet. Aucun long métrage ne saurait prétendre saisir l’essence d’un homme aussi charmant, polyvalent et flamboyant que Salvador Dalí (1904-1989). Divers acteurs, tels que Robert Pattinson, Ben Kingsley et d’autres, ont tenté par le passé de sonder les profondeurs de cet artiste hors du commun. Cependant, la conclusion qui se dégage est que la singularité de Dalí résiste à toute réduction. Cette thèse est habilement mise

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[CRITIQUE] Race for Glory: Audi vs. Lancia – course toujours

Que penser d’un long-métrage dépeignant une biographie, mais qui, d’emblée, expose les artifices de sa créativité narrative ? On pourrait légitimement escompter une œuvre affranchie des clichés éculés inhérents aux biographies, dont la lassitude nous a accablé. Pourtant, l’expérience offerte par Race for Glory: Audi vs. Lancia ne s’accorde guère avec ces attentes. Il s’agit d’un drame de course qui s’avère incapable de saisir la frénésie du circuit, l’âme brûlante de la vitesse, ou l’ardent désir de triomphe. En effet,

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C'ÉTAIT QUOI LE CINÉMA ? [RETOUR SUR..]

[RETOUR SUR..] eXistenZ– Jouer avec notre monde

Il n’existe peut-être aucun réalisateur vivant qui associe avec autant de maîtrise le physique humain et sa déformation que David Cronenberg. Que ce soit l’éclosion d’une épidémie zombie résultant d’une procédure médicale expérimentale dans Rabid ou la fusion et la dégradation d’un hybride homme/mouche par le biais de la téléportation dans La Mouche, les thèmes des avancées scientifiques conduisant les individus à agir de manière moins humaine ou à perdre leur humanité sont un fil conducteur essentiel de sa filmographie.

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[CRITIQUE] Nuit Noire en Anatolie – L’angoisse des regards

Nuit Noire en Anatolie, l’une des deux réalisations de cette année par le cinéaste Özcan Alper, qui n’avait pas offert de nouvelle œuvre depuis 2015 (le premier étant sorti en septembre dernier sur Netflix, sous le titre Le Festival des Troubadours), plonge profondément dans le méandres de la cancel culture en Turquie. L’histoire s’initie par un coup de téléphone inattendu à Ishak, sept ans après son départ de la petite ville, suite aux tragiques événements de cette nuit mémorable, l’informant

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[CRITIQUE] A Man – C’est la mer qui prend l’homme

Dans le cadre élégant et énigmatique du cinéma japonais, A Man de Kei Ishikawa, adapté du roman de Keiichiro Hirano, se dévoile comme un bijou de réflexion sur l’identité et la quête de soi, émaillé d’une ironie poétique. Au cœur de ce récit, le personnage de Rie (Sakura Ando), veuve et employée dans une boutique de fournitures artistiques, élève seule son jeune fils Yuto après un divorce douloureux. Sa rencontre avec Daisuke (Masataka Kubota), un client timide et amateur de

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[CRITIQUE] Mambar Pierrette & Les Prières de Delphine – Portraits véritables

Mambar Pierrette et Les Prières de Delphine sont deux films remarquables qui sondent les vies de femmes plongées dans l’adversité aux quatre coins du globe. Le premier nous convie à une exploration captivante de Mambar, une mère célibataire résiliente évoluant à Douala, au Cameroun, tandis que le deuxième nous livre un poignant tableau de la vie de Delphine, une jeune Camerounaise établie en Belgique. Ce qui singularise Mambar Pierrette, c’est sa célébration de la quotidienneté. Ce drame, malgré ses modestes

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C'est fini, snif