[RETOUR SUR..] Game of Thrones (Saison 8) – La fin d’une épopée

Préambule

Cet article contient de nombreux spoilers. Dès lors, il est vivement conseillé d’avoir regardé la série pour apprécier au mieux la lecture. 

Tout le long de cet été, il s’agira de revenir à la manière d’une rétrospective sur chaque saison de la série aux mille merveilles, Game of Thrones. L’idée ici n’est pas totalement d’aborder la série d’un oeil critique mais également de se l’approprier comme une sorte de lettre d’amour faite par un fan, cela en revenant sur les points forts de la série en passant par les intrigues et ce que la série propose de mieux. Bonne lecture.


Nous y sommes, Game of Thrones entame son épilogue avec cette ultime saison qui est accablée par deux enjeux majeurs construits lors de la précédente saison, l’enjeu de la glace qui vient confronter les hommes contre les morts menés par le Roi de la Nuit, et l’enjeu du feu qui rappelle que le jeu du trône est toujours d’actualité bien qu’il soit mis en pause par la Grande Guerre. Cette Grande Guerre donc s’établit en toute logique à Winterfell, fief de la famille Stark et de la devise qui sonne plus que réel à cet instant, l’hiver vient. Dès le début, la huitième saison de Game of Thrones clarifie ces enjeux avec un nouveau générique évolutif qui se consacre aux cadres finaux de la série, à savoir Winterfell et Port-Réal auxquels le générique s’y lie intimement. À la façon dont la série coupe en deux parties distinctes sa conclusion, où il en sera de même pour cet article, il est question premièrement pour la série de réunir presque toute son omniscience sur la menace de l’hiver où l’armée des morts vient de créer une brèche au Mur guidé par le Roi de la Nuit chevauchant son dragon mort-vivant cracheur de feu glaçant. Cette menace est alors plus que imagée et vient bientôt sonner les cloches de Winterfell qui se prépare. Les deux premiers épisodes de cette saison sont donc tournés vers cette optique de préparation et une aura de peur et d’angoisse d’une apocalypse proche habite tous nos personnages réunissent au sein d’un même cadre. Jamais Game of Thrones n’avait lié autant ses personnages les uns et les autres, mais dans l’unique but de survivre, la série nous apprend que les querelles passées et qui maintenant sonnent d’une moindre importance, peuvent être d’une futilité signifiante. Il est obligatoire de revenir sur une scène marquante et qui répond à la nostalgie des enjeux et confrontations d’un autre temps dans la série, une scène dont une panoplie de personnages décide de partager un feu commun au sein du château pour partager une dernière soirée avant que la tempête de l’hiver arrive. Tyrion et Jaime Lannister, Ser Davos, Brienne de Torth, tous se prélassent auprès d’un feu évoquant le passé quand leur avenir est plus q’incertain, leurs passés où ils se sont battus les uns contre les autres mais ce qui est à retenir de plus important dans cette scène c’est qu’ils ont tous survécus au cours de leurs périples. C’est de survie qui est question dans cette première partie de la huitième saison, Game of Thrones nous offre un peu de chaleur amplement méritée avant de nous éprouver par la bataille qui s’annonce. Alors que la série partage un pur moment d’humanité avec cette scène, elle n’en oublie pas moins de rappeler que l’enjeu du trône est totalitaire. Pendant ces deux premiers épisodes, les personnages de Jon et Daenerys en sont les points fixes. Dès lors, Jon Snow vient d’apprendre son vrai nom et sa vraie place dans le monde, mais en tant que nouveau serviteur de Daenerys, il apprend à celle-ci qu’il est en réalité l’unique fils de la descendance mâle de la dynastie Targaryen et héritant de toute la légitimité à la prétention du Trône de Fer. Sa tante en est donc profondément altérée et chamboule toute la légitimité qu’elle croyait détenir. Cette révélation est l’ultime révélation de la série et vient redéfinir de fond en comble tout les enjeux liés à la conquête du trône. Au stade de la saison, cette révélation n’est pour l’instant qu’un secret mais viendra à la suite perturber les plans déjà en cours par Daenerys qui voit que son plus grand potentiel rival est en réalité de sa famille. 

Certaines choses ayant été établis, il est temps pour la série de mettre à l’image sa bataille la plus grande, la plus féroce, la plus éprouvante et la plus sanglante de la série, la bataille de Winterfell ou appelé plus communément par les personnages, la Grande Guerre. Il s’agit dès le début du troisième épisode de nous mettre à rude épreuve directement, la tension est à son comble et l’ennemi n’a pas encore pointé le bout de son nez. L’on suit plusieurs protagonistes se mettant en place dans leurs postes respectifs, il y a un amas de personnages que l’on suit depuis le début de la série qui craint tous à leur vie sans exception. Cette peur et cette tension sont parfaitement retranscrites à l’écran, d’un point de sonore, et dans l’enjeu de la vie qui guide tous ces personnages. La longue nuit s’installe et à peine les hordes dothrakis s’élançant dans l’attaque que nos espoirs sont vite anéantis. Dans une obscurité pleine, les arakhs enflammés des dothrakis s’estompent et disparaissent, pour ne laisser qu’une stupeur grandissante. La bataille de Winterfell passe par tout les étapes, d’une confrontation directe à une déroute complète du camp des vivants qui commence à faiblir et à être surchargé, en passant par une phase d’infiltration parfaitement mis en scène et tenue par le personnage d’Arya. Nos émotions passent également par tout les états possibles, de l’oppression totale au soulagement libérateur. Game of Thrones propose un épisode à nul autre pareil et nous prive de quelques personnages dont le sacrifice est héroïque. Les pertes les plus frappantes sont celles de Jorah Mormont qui meurt en protégeant sa reine qui celle-ci perd son premier allié et son premier ami depuis le début de la série, puis surtout celle de Theon Greyjoy qui met fin à sa quête de rédemption en protégeant Bran face au Roi de la Nuit, mourant en faisant son devoir et savant ce qu’il convenait de faire. Enfin, d’une manière très juste, c’est la famille Stark qui se voit attribuer tout les honneurs avec Arya poignardant le Roi de la Nuit au dernier moment avant qu’il ne tue Bran, évoquant de ce fait ce sentiment de soulagement précédemment évoqué et qui clôt ce troisième épisode. Cependant, à peine la série prend le temps de pleurer ses morts et de consacrer un moment de réjouissance de l’armée des morts définitivement anéantie, que le temps final du jeu du trône doit s’achever pour de bon.

En un même épisode, Game of Thrones décide de prendre un pas accéléré et passe directement à la confrontation avec Cersei qui hérite maintenant du regard centré des personnages. L’enjeu en façade est clair, Daenerys prétend au Trône et à la régence des Sept Royaumes face à Cersei occupant le siège et qui doit user de toute manoeuvre et stratagème pour garder sa position et c’est ce qu’elle fait dans ce quatrième épisode. En effet lorsque Daenerys revient à Peyredragon pour établir le siège de Port-Réal,ses navires et ses deux dragons ont le malheur d’être pris au dépourvu par les navires d’Euron Greyjoy équipés de scorpions (arbalètes immenses conçues pour tuer un dragon) et vient abattre en quelques secondes et en à peine le temps de s’en rendre compte, Rhaegal, un des deux dragons restant de Daenerys. Cette vilaine ruse porte ses fruits et affaiblit encore plus Daenerys qui revient de Winterfell avec une armée amoindrie. Mais ce n’est pas tout car dans la panique générale, Missandei qui est l’amie la plus proche de Daenerys est capturée puis enchaînée par Cersei. Celle-ci en bon Lannister qu’elle est, a su profiter de toute l’attention détournée d’elle lors de la Grande Guerre, pour au mieux contrarié son ennemi Targaryen. Une fois de plus, c’est ce qu’elle fait en tuant froidement Missandei sur les murailles de Port-Réal et sous les yeux de Daenerys. Effectivement, en à peine un épisode, nous sommes passés de la réjouissance à un esprit revanchard porté par Daenerys, décontenancé par ses récentes pertes. L’épisode suivant porte le coup de grâce à la désolation de Daenerys qui doit faire face à une trahison de l’un de ses conseillers. Faisant somme de ses pertes, d’une trahison, de la nouvelle position de Jon dans le jeu du trône, Daenerys est dépourvue. Sa désespérance amène une tout autre dimension à l’enjeu final de la série qui se soulignait par la confrontation entre elle et Cersei. Il est maintenant acté que c’est Daenerys qui sortira vainqueuse du siège de Port-Réal. Non maintenant, il est plutôt question de la façon auquel Daenerys mettra fin au siège, soit par la manière douce qui signifie que la capitale se rend et fait sonner les cloches pour s’incliner, soit par la manière forte qui est synonyme de la devise des Targaryen, à feu et à sang. Puis voilà que nous sommes de nouveau face à la deuxième confrontation de taille de la huitième saison. Alors qu’expliqué auparavant, Daenerys arrive vite à prendre le dessus à Port-Réal et assoit sa pleine puissance en quelques minutes d’épisodes et finalement comme prévu, les cloches sonnent. C’est à cet instant que tout se joue, que le débat fait rage à l’intérieur de Daenerys et elle prend une décision. Sa décision signe alors la dernière direction prise par la série qui affectera tous les personnages présents. Daenerys la Conquérante choisit le feu et le sang et prend l’envol à dos de Drogon pour apporte l’apocalypse du feu après que deux épisodes plus tôt nous ayons vécu l’apocalypse de la glace. Certains diront que sa colère est justifiée par tout ce qu’elle a pu endurer au cours de la saison, les plus éclairés auxquels j’estime appartenir diront que cette décision ne fait que relever sa nature profonde que nous avons pu apercevoir dès la première saison. Daenerys Targaryen, tout est le dans son nom de famille, elle est le dragon, lors de son parcours elle a semé le feu partout quand elle ne contrôlait pas la situation. Elle s’est entourée de conseillers qui lui ont prodigué la modération car elle est à l’extrême opposé de toute modération. Quand enfin la situation est sous contrôle et que la victoire lui était offerte par le bruit des cloches de Port-Réal, nous faisons enfin connaissance avec Daenerys. Une bonne partie du cinquième épisode se consacre à cette désolation la plus totale et comme Tyrion, nous sommes assaillis par spectacle nullement nécessaire. Cet incendie génocidaire provoquera une destruction massive, des petites maisonnées au Donjon Rouge, c’est d’ailleurs dans les galléries sous terres du fief du Trône que Jaime et Cersei perdent la vie ensemble dans les bras de chacun. Ainsi la série répond au voeu de Jaime qui souhaitait mourir dans les bras de la femme qu’il aime, et c’est Cersei comme depuis toujours. Ils sont nés ensemble, c’est donc ensemble qu’ils meurent. Mais dans toute cette virulence, la quête de vengeance d’Arya prend une tournure plus digne car en pénétrant dans le Donjon Rouge pour tuer Cersei, Arya est ramenée à la raison par son compère de vengeance Sandor Clegane qui lui inculque que la vengeance ne doit pas guider toute sa vie à l’instar de lui-même qui pense qu’à tuer son frère, la Montagne. Les deux personnages mettent fin à leurs cycles de vengeance avec d’un côté Arya qui décide de rebrousser chemin, et d’un autre côté, Sandor qui tue son frère au prix de sa vie. C’est une fin honnête pour un personnage qui a tant déversé dans le cynisme et la haine, et finit par affronter tout ce qu’il hait, son frère et le feu. 

Enfin, voilà que nous sommes arrivés au dernier épisode de Game of Thrones, qui sert une première moitié d’épisode excellent portée par un tout nouvel enjeu, mettre fin à l’ambition sans demi-mesures de Daenerys qui veut incliner tout Westeros. Il n’est pas anodin d’avoir toujours caractérisé depuis le début Daenerys de conquérante et non de reine, elle a toujours été guidée par cette passion d’insuffler de l’autorité et non pas de gouverner. Tyrion faisant acte d’une grande lucidité à cet égard, rejette sa fonction d’être la Main de Daenerys. Pendant un dialogue d’une bonne dizaine de minutes, Tyrion use de toute sa clairvoyance pour la transmettre à Jon qui est le seul à atteindre Daenerys. L’avenir repose dans les mains de Jon qui devra à son tour prendre sa décision et à l’inverse de sa tante, il prendra la bonne, comme il a toujours fait depuis les début de la série et sa décision se traduit par mettre fin aux ambitions de Daenerys en lui prenant la vie. S’achève alors l’intrigue du feu, versant dans le tragique le plus absolu et appliquant la politique du moindre mal, d’un mal nécessaire. Puis dans un ultime crachat de feu, Drogon décide d’user de son feu, après avoir vu le corps inerte de sa mère, pour réduire à néant le coupable et se dirige naturellement vers le Trône de Fer, responsable de la mort de Daenerys et de bien d’autres avant elle. Ce geste vient boucler la boucle du Trône qui a été forgé par le feu du dragon, et clôture l’histoire des Targaryen. C’est ici la vraie fin de Game of Thrones qui ne pouvait s’achever sans réel changement de fond, et ce changement est fait par la fin du Trône de Fer. C’est surtout cela qui est à retenir et qui marque la fin de la série, le jeu du trône ne pouvait que s’achever avec l’absence du Trône. C’est finalement un objet statique qui est la cause de nombreuses mouvances avec ces batailles, ces complots, ces meurtres, ces enjeux politiques. La série a eu pour but de mettre fin à ce fanatisme envers le Trône, et cela s’est fait par le prisme de nombreux personnages plus caractéristiques les uns que les autres. La deuxième partie de cet ultime épisode se consacre donc à donner à ces personnages une fin juste à leurs manières, sans polarité extrême. La conclusion de tous les personnages façonnent l’équilibre de la balance laissée par la disparition du Trône de Fer

Game of Thrones, c’est vivre une véritable épopée, un moment d’histoire enlacé par diverses intrigues et personnages, c’est également vivre un torrent d’émotions le temps de huit saisons à la réalisation toujours à la hauteur et accompagné d’une composition musicale qui a un poids majeur dans toute l’appréciation de la série mère de toutes les séries.

Games Of Thrones en intégralité sur OCS

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