[CRITIQUE] Le Dernier Mercenaire – Jean-Claude Vent de Daube

[CRITIQUE] Le Dernier Mercenaire – Jean-Claude Vent de Daube

31 juillet 2021 2 Par Louan N

Les premiers instants du film Le Dernier Mercenaire sont plutôt prometteurs, avec un prologue qui montre que, même si la star légendaire de l’action Jean-Claude Van Damme est loin d’être aussi agile que lors de ses jours de gloire, il peut encore donner des coups de pied circulaires et faire le grand écart. Dans ce film, Jean-Claude Van Damme joue le rôle d’un agent des forces spéciales expulsé de France, mais qui continue à travailler, accomplissant des missions dangereuses telles que le sauvetage du fils d’un représentant du gouvernement russe. Il y a également un peu d’humour burlesque impliquant le fils, ce qui laisse penser que ce véhicule pour le senior mais toujours sympathique à l’écran compensera certains des défauts de l’action par un équilibre sain de la comédie.

Cela dit, il n’y a pas grand-chose qui puisse préparer quelqu’un à l’intensité avec laquelle le réalisateur David Charhon (qui a coécrit ce gâchis aux côtés d’Ismaël Sy Savané) joue la carte de la comédie, en intégrant à l’histoire une arme de destruction technologique appelée Big Mac, un criminel obsédé par le Scarface de Brian DePalma au point de penser que Tony Montana est un vrai personnage qui a écrit le film, des agents gouvernementaux haut placés et stupides, et Jean-Claude Van Damme déguisé en femme (avec perruques) pour un climax prolongé qui doit être l’un des points les plus bas de son attachante carrière. Au milieu de toute cette folie se trouve Archibald (Samir Decazza), le fils séparé de Richard (Jean-Claude Van Damme), qui vit dans une banlieue aisée de France sous la tutelle du vieux Fernand (Michel Crémadès), ignorant qu’il a été autrefois le partenaire du père dont il a actuellement l’impression qu’il l’a abandonné, lui et sa mère, décédée plus tard d’un cancer. Archibald est une sorte de jeune adulte gâté (il reçoit une transaction mensuelle d’argent de son père absent) qui traîne autour des pairs en vendant de la drogue pour s’en sortir à l’université. Les forces de police semblent également savoir qu’Archibald est le fils de Richard et tentent toujours de l’arrêter pour quelque chose, sauf qu’il bénéficie d’une immunité à vie contre la loi (ou quelque chose de ce genre).

L’un des fonctionnaires susmentionnés est le clown et maladroit Alexandre (Alban Ivanov), qui lève cette immunité alors qu’il enquête sur quelque chose de suspect pour son travail (ce n’est pas clairement expliqué et cela n’a pas vraiment d’importance), faisant ainsi le jeu de l’aspirant Tony Montana (Nassim Lyes) qui prévoit d’endosser l’identité d’Archibald avec des intentions néfastes liées au Big Mac, un dispositif capable d’arrêter toute technologie. Lors de son test initial, il coupe temporairement le pacemaker de Fernand et le laisse mourir, mais pas avant d’avoir appelé Richard pour qu’il retrouve son fils et le protège de la tempête qui s’ensuit. Alors qu’il porte l’un des nombreux déguisements ridicules qui jalonnent Le Dernier Mercenaire, Richard entre en contact avec Archibald et se lance dans une course-poursuite avec la police (sur une musique des années 80, bien sûr). Il se présente ensuite comme George, un ami de Richard et de Fernand. Naturellement, l’établissement d’un lien dans la malhonnêteté ne se passe pas bien, d’autant plus que le père et le fils sont si mal assortis que Richard a un moment de masculinité toxique en souhaitant que son fils soit aussi un combattant compétent. Pendant qu’ils se cachent pour trouver la meilleure approche pour mettre à jour la conspiration du gouvernement (il y a aussi une sous-intrigue où Richard a mis enceinte une de leurs femmes pendant une mission de sauvetage), le duo met aussi en place une équipe composée de leurs deux groupes d’amis. Aucun des personnages n’est mémorable ou intéressant, n’existant que pour être jeté dans un humour plus choquant et mauvais (à un moment donné, Richard oblige quelqu’un à faire de la trottinette en public en sous-vêtements).

Encore une fois, ce n’est certainement pas une mauvaise idée de mettre Jean-Claude Van Damme dans un cadre d’espionnage et d’action plus léger et joyeux, mais ce qui passe pour de la comédie ici est carrément abyssal. On pourrait dire la même chose de The Last Mercenary dans son intégralité, qui appâte les utilisateurs de Netflix dans l’espoir d’assister à quelque chose qui pourrait être qualifié de relique de son temps. Une fois le film terminé, il ne reste plus qu’à éprouver de la honte pour Jean-Claude Van Damme.

Le Dernier Mercenaire exclusivement sur Netflix.

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