[CRITIQUE] Luck – On a encore eu de la chance !

Luck de Skydance Animation n’est pas tout à fait le chef-d’œuvre que fut la collaboration internationale de Cartoon Saloon et Mélusine Productions. Cette histoire en animation numérique d’une jeune fille à la recherche d’une meilleure chance au nom de sa sœur adoptive a une prémisse intéressante mais se perd en cours de route. La première partie du scénario de Kiel Murray est prometteuse. Sam (Eva Noblezada), 18 ans, vit dans un foyer pour jeunes filles où elle fait office de grande sœur de substitution pour la jeune Hazel (Adelynn Spoon). Alors que Sam quitte le foyer, Hazel collectionne les porte-bonheur dans l’espoir que l’une de ses visites du week-end débouche sur une adoption. Sam promet d’essayer de lui trouver un sou porte-bonheur dans l’espoir qu’il donnera à Hazel la confiance qu’elle trouvera la « famille pour toujours » que Sam elle-même n’a jamais trouvée.

Ce n’est pas le premier film d’animation à aborder l’idée du placement en famille d’accueil, des foyers pour filles ou de l’adoption (je te regarde, Moi, moche et méchant), mais il est remarquable pour le portrait qu’il dresse d’une personne qui est sortie du système sans jamais être adoptée. Sam emménage dans son propre appartement et commence à travailler tout en suivant des cours en ligne. Elle ne se sent pas prête à commencer sa nouvelle vie et, bien qu’il s’agisse d’une version propre et brillante du désespoir que beaucoup de gens ressentent lorsqu’ils se retrouvent enfin seuls, cela reste vrai. Sam est vraiment malchanceuse, pas seulement dans le nombre de fois où elle n’a pas été adoptée, mais dans sa vie quotidienne. Elle manque son réveil le premier jour de son nouveau travail, son grille-pain ne fonctionne pas et elle se trompe constamment chez le fleuriste. Malgré tout cela, elle garde une attitude étonnamment bonne, disant qu’elle aimerait simplement pouvoir porter chance à Hazel. Lorsqu’un jour, elle devient mystérieusement chanceuse, elle est méfiante jusqu’à ce qu’elle comprenne que c’est grâce à une pièce de monnaie laissée par un chat noir. Le chat, nommé Bob (et interprété par Simon Pegg), finit par révéler accidentellement à Sam qu’il peut parler et la ramène à son portail vers le pays de la chance. Elle découvre que la chance et la malchance sont en fait très réglementées, avec différents êtres en charge de leur création et de leur répartition (mais surtout beaucoup de lutins). Malheureusement pour elle, Bob n’est pas très populaire dans son pays d’origine, ce qui complique leur mission de trouver un sou porte bonheur à rapporter à Hazel.

C’est là que le film se gâche un peu, car le message s’embrouille et Sam doit collaborer avec de nombreux personnages pour tenter de ramener la chance à Hazel. Le film passe trop de temps à explorer la relation entre la chance et la malchance, la façon dont elles affectent les humains, et la corruption dans ce monde magique. Le couple tente d’éviter le Capitaine (Whoopi Goldberg), la cheffe de la sécurité qui en veut à Bob. Sam est évidemment déçu de voir que le Pays de la Chance a ses propres problèmes, mais chaque problème est résolu presque aussitôt qu’il se présente. L’exploration de ce monde commence à s’éloigner de l’intrigue principale, en particulier lorsqu’une grande partie de celle-ci semble dérivée d’autres films d’animation. La relation entre une licorne (Flula Borg) et un dragon (dont la voix n’est autre que celle de Jane Fonda) semble être une copie directe de la relation entre l’âne et le dragon dans Shrek. Sam finit par revenir dans le monde réel pour une happy end, mais la partie centrale traîne en longueur alors qu’elle devrait être la plus intéressante. Elle est également un peu trop compliquée pour le public d’enfants auquel le film semble s’adresser. La performance vocale entraînante de Noblezada, tant à l’oral que dans son numéro de chant et de danse, contribue à faire de Sam un personnage attachant. Ce rôle montre qu’elle pourrait avoir une carrière prometteuse dans le doublage. Seuls Sam et Bob ont une personnalité ou un développement de personnage important, et le film est meilleur lorsqu’il est centré sur eux plutôt que sur les innombrables personnages secondaires.

Visuellement, le film n’a rien de spectaculaire, bien que l’animation numérique colorée puisse être attrayante pour les jeunes enfants. La mise en scène de Peggy Holmes est adéquate, mais le film ressemble davantage à une attraction pour enfants qu’à un film destiné à toute la famille. Sa douce leçon, selon laquelle votre famille n’est pas forcément celle dans laquelle vous êtes né, est diluée par ses discours désordonnés sur la chance et le temps perdu dans ce monde de magie peu original.

Note : 2 sur 5.

Luck sur AppleTV+ le 5 août 2022.

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