[CRITIQUE] La Vie, en gros – Le poids de l’amour (Annecy Festival 2024)

Aux prémices de l’adolescence, tandis que notre corps se transforme et qu’apparaît tout un tas de nouvelles émotions – comme l’illustre d’ailleurs Vice Versa 2 – avec lesquelles chaque être humain doit réapprendre à vivre, cette fameuse estime de soi est perturbée, et encore plus lorsque celle-ci est mêlée à des problèmes de santé, rendant le tout encore moins simple.

Âgé de 12 ans, Ben mène une vie paisible jusqu’au premier jour de la nouvelle année scolaire au collège. Sa camarade de classe franchit la porte, et soudainement, un coup de foudre se lit dans les yeux du jeune garçon : Claire devient rapidement l’objet de ses désirs. Malheureusement, la visite annuelle de début d’année chez l’infirmière du collège lui apporte de mauvaises nouvelles. Fiché comme obèse de catégorie 2, Ben est soudain confronté à cette réalité. Ayant toujours connu le surpoids, une condition qu’il partage avec son père et qu’il considère génétique, Ben, bien que conscient de ses kilos et malgré le divorce de ses parents, a su mener jusqu’à présent une vie d’enfant heureuse. Partagé entre sa passion pour la nourriture et celle pour la musique avec son meilleur ami, ce tout nouveau sentiment remet en question tout le bonheur qu’il a pu construire jusqu’à présent : Ben désire aimer et être aimé, et le seul obstacle pour lui est son physique, en particulier son poids. Le long-métrage de Kristina Dufková est en réalité adapté du livre La Vie, en gros, écrit par Mikaël Ollivier et paru en 1999. Connu pour avoir remporté de nombreux prix, l’histoire de l’adolescent est finalement inspirée de la vie de l’auteur.

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En dépit d’un stop motion réussi et d’une belle harmonie de couleurs, le teen movie reste confiné dans une zone de confort bien connue et peine à se démarquer. L’écriture des personnages reste assez simple et sans profondeur : des dialogues que l’on a déjà entendus mille et une fois entre des protagonistes que l’on connaît déjà bien. Effectivement, deux adolescents qui parlent de leur crush et de musique n’ont rien d’exceptionnel. Le film reste prévisible, puisque l’on devine d’avance l’issue de la romance naissante entre Ben et Claire. La naïveté des deux adolescents est touchante, mais peut paraître niaise par moments. Malgré une dénonciation du harcèlement qui demeure assez efficace, on tombe rapidement dans les stéréotypes à propos des enfants atteints d’obésité. L’approche des troubles du comportement alimentaire (TCA) est quelque peu dérangeante : tout au long du film, on suit Ben qui tente de faire un régime, encouragé par ses proches – hormis sa grand-mère – à ne manger que des légumes et des plats peu appétissants. Alors que le body positive est grandement prôné ces dernières années et que de nombreuses alternatives à ces régimes peu délicieux et composés de plats montrés comme pas du tout ragoûtants existent, il est étonnant que le film prenne cette tournure sans prendre en compte le contexte actuel dans lequel il s’inscrit.

La Vie, en gros, paru à la fin des années 1990 mais retranscrit dans notre époque où les personnages utilisent constamment leurs téléphones et les réseaux sociaux, n’est finalement qu’un teen movie qui ne se démarque en rien, si ce n’est par sa technique. Le manque d’adaptation dans l’écriture du scénario pour l’inscrire dans la société contemporaine donne lieu à un film rempli de stéréotypes. Bien que touchant par moments, il reste essentiellement maladroit.

.;…………..La Vie, en gros, 1h20, de Kristina Dufková – Au cinéma en février 2025

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