[CRITIQUE] Face à l’inhumain – Quand les zombies attaquent Le Bus magique

Face à l’inhumain est le dernier film d’horreur à petit budget du prolifique Jason Blum et Blumhouse, et à première vue, il n’a rien de particulièrement innovant. Après tout, il n’y a pas grand-chose à faire avec les films de zombies lorsque ce sous-genre existe depuis des années et que presque tout a été déjà été expérimenté. Sous la houlette du duo de réalisateurs Patrick Melton et Marcus Dunstan – responsables d’un grand nombre de suites de Saw – ce film présente le strict minimum d’exposition : un groupe de lycéens est embarqué dans un bus pour une sortie scolaire et est très vite la proie d’un métalleux sauvage et de ses disciples, qui se comportent comme les infectés de 28 jours plus tard. Il y a une explication – quelque chose, une attaque chimique – mais ce n’est même pas important.

Les personnages ont tous des noms, mais il est préférable de les considérer comme des stéréotypes ambulants de films pour adolescents : il y a la a jeune fille solitaire/finale (Brianne Tju, dont le passage à l’asskicker est efficace), la meilleure amie plus extravertie (Ali Gallo), le Nerd (Drew Scheid), le sportif stupide (Uriah Shelton), la princesse/pétasse (Lo Graham), le badass (C. J. LeBlanc), le solitaire (Benjamin Wadsworth), et le gros comique (Blake Burton). Et pendant un moment, c’est tout ce que ce film est : une bande de gamins gentiment ennuyeux qui combattent des infectés tout en se terrant dans un immeuble abandonné. Et pour ce que c’est, c’est passable, même si Dunstan semble trop friand de plans ralentis. Mais vient ensuite l’inévitable rebondissement en milieu de film, que vous auriez dû voir venir, après avoir vu comment Melton et Dunstan ont transformé la saga Jigsaw en un désordre tordu.

Les deux compères essaient clairement de faire comme dans La Cabane dans les bois en déconstruisant les stéréotypes des films d’adolescents et de zombies, mais ils sont loin d’être assez conscients de leurs propres capacités pour que ce soit un succès total. Il faut cependant leur reconnaître le mérite d’avoir réussi à garder le cap malgré le ridicule de la situation, ce qui confère à ce petit film un intérêt certain et lui évite de n’être qu’un film d’horreur de plus que l’on regarde pour tuer le temps et que l’on condamne rapidement à l’oubli le lendemain. Soudain, ces gamins prennent davantage d’ampleur et prouvent qu’ils sont plus que ce qu’on leur prête au départ. Une voix off finale assez directe résume le tout, et vous auriez pu facilement l’échanger avec le devoir d’écriture de Brian à la fin de The Breakfast Club et rien n’aurait changé. Les quelques rares adultes présents sont toujours des crétins aux capacités limitées, évidemment.

Il n’est pas facile de comparer ce film au classique de John Hughes, et Face à l’inhumain reste avant tout un film de série B trash. Mais il essaie de faire quelque chose d’un peu différent, ce qui n’est pas trop mal pour un nouveau film « jetable » de Blumhouse.

Note : 3 sur 5.

Face à l’inhumain disponible à l’achat et à la location sur viva.videofutur.fr

Sortie le 8 septembre 2022 en VOD

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