Boite Noire nous plonge dans l’univers de l’analyse des boîtes noires. Tel un puzzle mystérieux tout droit sorti du Da Vinci Code, ce thriller aérospatial bien ancré dans la réalité ne se retient pas lorsqu’il s’agit de révéler la vérité sur les dénonciations, les conspirations d’entreprise et jusqu’où les gens sont prêts à aller pour couvrir/découvrir la vérité.

Lorsqu’un avion flambant neuf reliant Dubaï à Paris s’écrase, Mathieu (Pierre Niney), l’un des meilleurs analystes de boîtes noires, est chargé de découvrir ce qu’il s’est passé. Avant qu’il n’ait l’occasion d’enquêter correctement, l’affaire est classée. Quelque chose ou quelqu’un s’y oppose, ce qui rend Mathieu encore plus suspect. En allant à l’encontre des ordres de ses supérieurs et en risquant sa carrière et sa relation avec sa petite amie, il s’emmêle de plus en plus dans un tissu de mensonges et de dissimulations, tandis que sa santé mentale est mise à l’épreuve au fur et à mesure que son enquête va plus loin qu’il ne l’aurait jamais imaginé. Le film décoiffant du réalisateur Yann Gozlan capte votre attention en quelques secondes, lorsque la caméra se déplace dans l’Atrian 800, jusqu’à ce que nous soyons dans la queue de l’avion où se trouve la boîte noire et que nous entendions le son horrible mais déformé du métal heurtant les Alpes. Le reste du film se déroule comme une affaire Snowden dans laquelle Mathieu, tel Will Graham de Hannibal, tente de s’imaginer mentalement en plein milieu de l’action pour comprendre ce qu’il s’est exactement passé à l’intérieur de l’avion ce jour-là, tout en retraçant et en disséquant la moindre altération dans l’enregistrement de cet horrible événement. Cela ne va pas sans les déboires de sa femme qui va bientôt travailler avec la compagnie qui vient de perdre un de ses avions.

C’est un formidable thriller qui vous tiendra en haleine. Pierre Niney est parfait dans le rôle d’un limier acoustique extrêmement talentueux et superbe dont la diligence dans les détails et le devoir le met sur un terrain périlleux qui l’oppose à ses amis comme à ses ennemis. Il devient obsessionnel au point que même sa petite amie pense que la paranoïa s’installe lorsqu’il ressasse les incohérences et les théories du complot qu’il croit être en jeu. La narration de ce film est peut-être investie dans Mathieu mais l’écriture est délicieusement dense en idées. Plusieurs rebondissements surprennent et interpellent, mais ne déséquilibrent pas le film, car il n’y a pas de “MacGuffins”, le récit est logique malgré la complexité de ses déductions. Après le visionnage, on peut avoir un sentiment de méchanceté, de corruption, mais au fur et à mesure que le film se déroule, les personnages sont crédibles et humains, même les antagonistes. Les risques que les gens prennent dans la quête du progrès humain sont présents à l’esprit autant que les machinations de ceux qui vénèrent le capitalisme et la protection des richesses. Une partie du frisson vient de l’analyse sonore, dans laquelle les “blancs” sont remplis par des sons fantômes, ou le sont-ils ? Le son joue un rôle majeur dans Boite Noire et met souvent en place un rebondissement qui fait évoluer l’intrigue vers une révélation choquante. Le réalisateur sait parfaitement comment utiliser le son à son avantage pour attirer le spectateur et lui donner l’impression de faire partie de l’enquête, sans jamais compromettre son intelligence. 

C’est un formidable thriller qui vous tiendra en haleine. Pierre Niney est parfait dans le rôle d’un analyste sonore dont la diligence dans les détails et le devoir le met sur un terrain périlleux et l’oppose à ses amis comme à ses ennemis. Il devient obsessionnel au point que même sa petite amie pense que la paranoïa s’installe lorsqu’il ressasse les incohérences et les théories du complot qu’il croit être en jeu. Cependant, il s’est déjà trompé par le passé et ses collègues font preuve d’une certaine méfiance à son égard. Lorsqu’il devient obsessionnel, la seule façon de le faire taire est de le retirer de l’affaire. Il se met alors en fuite et sa poursuite acharnée le mène d’un ensemble d’indices à un autre et à un autre, avec des théories formées et rejetées jusqu’à ce qu’il arrive à la bonne conclusion. Le scénariste (avec Nicolas Bouvet, Jérémie Guez et Simon Moutairou) et le réalisateur Yann Gozlan laissent le public s’interroger constamment sur les conclusions de Mathieu et lorsqu’il a, inévitablement, des moments d’indécision et de manque de confiance en lui, le spectateur s’interroge également. 

Les scénaristes prennent leur temps pour raconter une histoire qui n’ennuie jamais et équilibre les frissons et les émotions. Boite Noire parvient à planter des indices et des fausses pistes de manière experte tout en faisant monter le suspense. La suspicion est jetée sur quelques personnages du film pour vous mettre sur une fausse piste, alors ne perdez pas le fil. Les conspirations se dévoilent avec diligence grâce à un design sonore exceptionnel et un suspense légitime, faisant de Boite Noire l’un des meilleurs thrillers français modernes.

Note : 4 sur 5.

Boite Noire au cinéma le 8 septembre 2021.

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