[CRITIQUE] Doctor Strange in the Multivers of Madness – La Raimi des morts-vivants

[CRITIQUE] Doctor Strange in the Multivers of Madness – La Raimi des morts-vivants

6 mai 2022 0 Par Jeremy Mahieu

S’il y avait un projet parmi les multiples films annoncés dans le MCU qui m’émoustillait le plus, c’était bien le nouveau Doctor Strange. Projet annoncé en 2016 où on retrouvait à la réalisation Scott Derrikson, cinéaste du premier film et de productions d’horreur modernes comme Sinister ou encore Délivrez-nous du mal, ce nouvel opus se qualifiait d’être le premier film d’horreur du MCU à venir. C’était donc ça qui avait piqué ma curiosité au vu de la surabondance des effets spéciaux plus que moyens et de l’uniformité créative de cet univers. PLOT TWIST : Scott Derrikson quitte le bateau pour « divergence créative » et Kevin Feige reprécise que le film ne sera plus dans le genre de l’horreur mais d’action-aventure avec un soupçon d’effroi. Mais un homme connu du milieu fait surface et ce réalisateur mystérieux en tête de redresser le projet n’est autre que Sam Raimi qui fait son retour au cinéma depuis Le Monde Fantastique D’Oz en 2013 pour Disney. Est-ce que le réalisateur des trois films Evil Dead qui dispose de gimmicks de réalisation reconnaissables réalise l’un des meilleurs films du MCU ?

Soyons un peu nuancé en disant que le film est très plaisant à certains moments mais assez oubliable à d’autres, ce qui représente quand même la majorité des films Marvel. Mais ici, nous sommes en présence d’un vrai réalisateur et non pas d’un no-name comme à l’habitude dans les grosses productions super-héroïques. Une première partie du film assez monotone avec l’introduction d’un nouveau personnage du nom d’America Chavez, une petite fille ayant le pouvoir de voyager entre les différents univers. C’est pendant plusieurs moments de voltige que le génie de Sam Raimi se fait sentir. Dire que le film n’a pas une once de la patte créative du grand monsieur serait mentir, plusieurs gimmicks de sa réalisation s’y trouvent. Entre zooms rapides sur les visages pour montrer l’étonnement d’un personnage, cette fascination pour les yeux et sans oublier ces moments où une tension horrifique se fait sentir, du pur Sam Raimi.

L’une des sœurs Halliwell 

Une introduction qui fera décoller votre rétine tant celle-ci est prenante et bien réalisée. Une mise en bouche où le public est conquis par l’implantation d’un personnage central à l’histoire : America Chavez joué par la jeune Xochitl Gomez. Une comédienne multifacettes qui saura jouer avec le public pour en tirer de fortes émotions. En ce qui concerne le reste du casting, Benedict Cumberbatch est et restera toujours le choix parfait pour le rôle de Docteur Steven Strange où il sera torturé et mis à mal par les antagonistes du film, une habitude que Sam Raimi utilise énormément dans sa filmographie comme pour le personnage de Ash Williams dans Evil Dead quand il est malmené par les forces du mal où encore dans Jusqu’en enfer (mon petit chouchou) où Christine Brown, une employée de bureau travaillant dans une société de crédit va se faire suivre et hanter par une gitane qui lui fera vivre un enfer. On retrouve également la Sorcière Rouge (interprétée par la sublime Elizabeth Olsen) que nous suivons après les évènements plus que macabres déroulés dans la série WandaVision. Parce que oui, pour une meilleure compréhension de l’histoire, il est préférable d’avoir vu l’entièreté de la série disponible sur Disney+. Dans le film, elle livre une performance habitée et vole la vedette au duo de tête Cumberbatch/Gomez. Le reste du casting est assez basique, Benedict Wong est assez oubliable dans le rôle du Sorcier Suprême et on regrette une Rachel McAdams un peu trop effacée aux vues de ses performances dans ses anciens rôles, un potentiel un brin gâché.

Trois pauvres gens qui réagissent de travers

Quant au scénario, celui-ci est assez pauvre. Comme dans l’ensemble des productions du MCU, les scénaristes écrivent une histoire banale sans gros retournement, ou quand il y en a, ceux-ci sont visibles à des kilomètres et ne surprennent pas. Dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness, c’est très simple, Doctor Strange voyagera dans de multiples univers parallèles où se mêlent surprises et dangers. Aidé par son acolyte America Chavez, ils vont devoir faire face à un nouvel adversaire mystérieux. L’intrigue est vraiment le gros point faible du film, respectant un cahier des charges établi par Disney, nulle surprise ne sera au rendez-vous, sauf peut-être à l’exception de quelques-unes qui ne seront pas divulguées dans cet article pour vous permettre à vous, lecteurs, de ne pas être spolié.

Comme dit plus haut, le point fort de ce nouveau long métrage de chez Marvel Studio est la présence d’un réalisateur sachant ce qu’il fait. Sam Raimi est en forme et ça se voit, entre vraies séquences qui feront hérisser vos poils de bras ou encore un montage avec de multiples impressions, nous sommes en face d’un produit signé Sam Raimi. Peut-être pas dans sa totalité, mais pour une bonne partie. Et quand ces moments apparaissent à l’écran, c’est complètement jubilatoire et halluciné. Étant un gros fan du monsieur, je peux vous dire que je ne tenais pas à mon siège. Rentrer dans une grosse industrie filmique était un gros pari que Raimi a réussi de moitié. Il signe quand même ici un des meilleurs films du MCU en enterrant la platitude et le non-renouvèlement des précédents projets.

Doctor Strange in the Multivers of Madness est une petite surprise fun et surprenante dans sa réalisation quand Sam Raimi décide de se réveiller en laissant malheureusement, par la suite, les habitudes cabrioles et choix scénaristiques de Marvel Studio. Une industrie qui décide de ne pas trop se mouiller tout en faisant plaisir aux fans de films d’épouvantes qui retrouveront certains clins d’œil parsemés dans l’œuvre super-héroïque, groovy…

Note : 3.5 sur 5.

Avis de la rédaction :

Louan N.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness cède à quelques singeries amusantes liées à l’horreur, mais l’assaut incessant d’une narration totalement vide devient alors insupportable. Raimi était autrefois le type qui apportait une économie simple et une émotion authentique aux films de comics, notamment avec sa trilogie Spider-Man, toujours influente, au début des années 2000, mais ce film le voit réduit en purée, bridé et saupoudré de manière conservatrice d’une autre dose de franchise. Il est tentant de dire que même sous cette forme, c’est bien qu’il soit de retour, mais à quel prix ?

Note : 3 sur 5.

Doctor Strange in the Multivers of Madness au cinéma le 4 mai 2022.

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