[CRITIQUE] The Night – Moins que 999 Fantômes

Les hôtels hantés sont des motifs bien connus dans le domaine de l’horreur, évoquant instantanément des images de Shining. Bien qu’il soit inévitable de faire des comparaisons avec le classique de Kubrick en regardant The Night, le thriller d’horreur en langue farsi trace son propre chemin en insufflant des frissons psychologiques hallucinants, tout en préservant une identité culturelle et des palpitations folkloriques distinctes.

Babak Naderi (interprété par Shahab Hosseini) et sa femme Neda (Niousha Jafarian) profitent d’un dîner parmi d’autres expatriés iraniens dans la banlieue de L.A., malgré la rage de dents lancinante de Babak et les allusions subtiles à la tension entre le couple. De retour chez eux, Babak, légèrement ivre, refuse de donner les clés à Neda pour conduire, alors qu’elle est occupée à veiller sur leur bébé endormi, ignorant le dysfonctionnement du GPS qui les fait tourner en rond. Après un quasi-accident, ils cherchent un hôtel pour la nuit et se retrouvent à l’Hôtel Normandie, une vieille auberge étrangement vide. Une fois enregistrés par le veilleur de nuit particulier (George Maguire), Babak et Neda réalisent bientôt qu’ils sont piégés dans une nuit de tourments infernaux, révélant de sombres secrets.

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Le réalisateur Kourosh Ahari instaure une atmosphère effrayante et perturbante. Des signes évidents que quelque chose ne va pas, comme le GPS détraqué ou le sans-abri marmonnant des avertissements inquiétants, sont négligés jusqu’à trop tard. Les décors remarquable de Jennifer Dehghan et la photographie de Maz Makhani contribuent à l’ambiance étrange de l’Hôtel Normandie, avec ses enseignes au néon et ses couloirs ombragés, créant un décor luxueux et onirique idéal pour un hôtel hanté. La performance volontairement exagérée de Maguire renforce cette atmosphère inquiétante, créant un cadre idéal pour les visions tourmentant Babak. Ahari et le co-scénariste Milad Jarmooz prennent leur temps pour fournir des réponses, sans donner de directives claires. Beaucoup d’indices ont une signification plus profonde d’un point de vue culturel, ajoutant des couches supplémentaires à l’histoire.

The Night s’inspire clairement de Kubrick, mais Ahari l’utilise comme base pour créer un nouveau film d’horreur psychologique élégant, avec confiance et spécificité. Les performances sont délibérément minimisées pour laisser l’atmosphère dominer, permettant à la tension silencieuse entre Babak et Neda de croître. Bien que le long-métrage ne réinvente pas entièrement la roue et privilégie la simplicité, sa combustion lente, fortement stylisée et hallucinante, reste captivante. Ahari offre une perspective rafraîchissante à une configuration familière, laissant la place à une analyse approfondie lors de visionnages répétés.

The Night de Kourosh Ahari, 1h45, avec Shahab Hosseini, Niousha Noor, George Maguire – En VOD le 19 mai 2021

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