Les scénaristes et réalisateurs Jim Cummings et PJ McCabe combinent les dessous miteux d’une agence de talents hollywoodienne avec l’adultère et le meurtre pour donner naissance à The Beta Test, un film vif, drôle et effectivement intriguant. Il joue avec les formules des genres de l’horreur et du thriller et explore l’idée que l’identité numérique (c’est-à-dire la partie primitive du cerveau, et non l’identification) peut être manipulée et contrôlée par un parfait inconnu, simplement par la façon dont on se présente en ligne.

Jordan (Jim Cummings) est un agent hollywoodien qui planifie son prochain mariage avec sa fiancée Caroline (Virginia Newcomb). Un jour, il reçoit une étrange enveloppe violette par la poste, qui contient une invitation à une rencontre sexuelle anonyme, sans attaches, dans une chambre d’hôtel. Après avoir accepté impulsivement, Jordan découvre que cette lettre bizarre l’entraîne dans le monde trouble des mensonges, de la sécurité des données Internet, du meurtre et de l’effondrement inévitable de sa vie méticuleusement organisée. The Beta Test vous prend à contre-pied dès le début, en commençant par la scène la plus choquante et la plus violente du film, qui fait écho à l’ouverture de classiques de l’horreur comme Scream : un meurtre brutal qui a un rapport avec l’intrigue, mais ce n’est que plus tard que sa pertinence se révèle, et le film ne redevient jamais aussi horrible. C’est un dispositif astucieux qui permet au public de savoir qu’il va avoir des surprises, mais qui souligne également la finesse du scénario de Cummings et McCabe. Au fur et à mesure que Jordan est contraint de raconter de plus en plus de mensonges, ceux-ci commencent à s’enchaîner et à se défaire jusqu’à ce qu’il se présente à des étrangers comme un policier ayant des clients. Les allusions et les petits détails lâchés précédemment sont intégrés dans les scènes ultérieures avec peu d’éclat, et l’ensemble du film donne l’impression de se comprendre et de faire participer le public à la plaisanterie.

Mais quel connard…

Il y a beaucoup de blagues tout au long du film. La comédie est suffisamment drôle et sombre pour ne pas sembler déplacée, même si l’intrigue invite au suspense, et reflète plutôt la bizarrerie du film, ce qui lui confère une certaine fraîcheur. Cummings et McCabe invitent à des débats étranges : que feriez-vous si vous receviez votre propre enveloppe violette par la poste, vous invitant à une rencontre aléatoire avec un parfait inconnu ? Comment les données brutes de votre utilisation des médias sociaux vous dépeignent-elles ? L’infidélité est-elle plus difficile sous un microscope éthique et numérique plus grand ? Le film réussit à répondre à ces questions dans son propre contexte tout en invitant le public à se forger sa propre opinion.

Il y a une fraîcheur dans The Beta Test. Il fonctionne comme un thriller dans la mesure où il est captivant, tendu et présente un danger réel. Mais c’est aussi un film ironique et plein d’esprit, avec une langue acérée qui s’attaque directement à la nature insidieuse des agences de recrutement d’Hollywood et au caractère fallacieux des personnalités en ligne. C’est une comédie à suspense, au montage frénétique, qui est audacieuse, confiante et amusante. Et elle pourrait bien vous amener à regarder de plus près vos likes sur Instagram.

Note : 3.5 sur 5.

The Beta Test présenté à la 47e édition du festival du cinéma américain de Deauville et au cinéma le 15 décembre 2021.

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