[CRITIQUE] Baby – Do i taste like candy ?

Au sein de l’industrie cinématographique, il y a les bons films, les mauvais films ou encore les films moyens. Dans cette dernière catégorie est définie une sous-espèce pas particulièrement agréable, celle des films déjà-vus.

C’est malheureusement ici que l’on pourrait ranger le film de Marcelo Caetano, Baby. Derrière ce titre, se découvre le personnage de Wellington sortant d’un centre de détention pour mineurs et errant seul dans les rues de São Paulo, ses parents ne lui ayant pas donné de nouvelles. Le jeune homme va donc devoir survivre, se construire une nouvelle vie et faire de nouvelles rencontres. Celle de Ronaldo, un homme d’âge plus mûr va le bouleverser.

Baby est loin d’être un mauvais film et présente de réelles qualités. Ses acteurs sont impliqués et le réalisateur met à l’honneur São Paulo avec brio. Les quartiers de la ville s’ils ne sont pas les plus riches, sont beaux tout comme les acteurs. Il y a de la musique, ça danse, on entend même du Dalida. Mais pour quoi faire finalement ?

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Le principal défaut de Baby est d’être très didactique et jamais bien passionnant. Nos personnages se retrouvent assez rapidement dans un schéma narratif très éculé. On a cette relation amoureuse qui marche en premier lieu mais un personnage veut voir ailleurs. Puis vient ensuite le passage où le protagoniste vend de la drogue mais le fournisseur ne l’aime pas trop parce qu’il ne fait pas comme tout le monde. Des situations déjà traitées de nombreuses fois en somme. D’autant que dès que sont présentés ces deux arcs narratifs les ficelles sont visibles et le film ne fera jamais en sorte de les cacher.

Cette paresse dans l’écriture est d’autant plus dommage quand on voit les différents personnages. Au-delà des protagonistes, l’univers queer représenté dans Baby est vivant et très appréciable. Ces seconds rôles sont peu présents mais apportent toujours une dynamique agréable au film qui sort un peu des sentiers battus du fait de leur présence. On peut faire les mêmes louanges à la famille de Wellington qui fait une apparition courte mais remarquée. Malgré tout, certains passages ne présentent pas grand intérêt et présentent les stigmates d’un film qu’il aurait fallu ou écourter, ou allonger pour donner plus de matière à certaines trajectoires.

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Pourtant, quand bien même le spectateur croise la route de nombreux personnages, l’un des protagonistes est belle et bien la ville de São Paulo. Caetano est attaché à cette ville dans laquelle il a tourné tous ses court-métrages. Un lieu étrange où différentes époques s’entrechoquent, où les chemins de fer croisent des bâtiments bien plus contemporains. Les décors portent les cicatrices du Brésil marqué par la dictature militaire, encore visibles aujourd’hui.

São Paulo dicte aussi le rythme du récit. Le réalisateur montre la ville sud-américaine la plus peuplée comme un lieu de mouvement et d’interactions. C’est dans ce cadre que va évoluer Wellington qui va peu à peu se fondre dans la masse et dans la frénésie d’une ville qui ne s’arrête jamais de vivre. Pourtant s’il arrive à être sensuel en montrant ce couple tentant de s’extirper du tambour infernal des bas-fonds de São Paulo, jamais Baby n’arrive à transcender son sujet.

Baby est comme un filtre sur un scénario déjà exploité par un grand nombre de réalisateurs. Un filtre brésilien qui pourrait tout aussi bien être remplacé par un filtre hongkongais, vietnamien ou colombien. L’histoire resterait la même, les enjeux aussi, seule la langue et les décors varieraient. Le film de Marcelo Caetano regorge de scènes et de personnages atypiques, pourtant il a du mal à se créer une identité qui lui est propre et à embarquer son spectateur dans la dramaturgie qu’il voudrait créer.

Baby, 1h46, avec João Pedro Mariano, Ricardo Teodoro, Ana Flavia Cavalcanti – Prochainement au cinéma

5/10
Note de l'équipe
  • Alexeï
    5/10 Mid (comme disent les jeunes)
2
0

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